Les inconvénients du régime PSMF

L’absence d’incitation à un changement comportemental profond et durable

Bien que le fait de perdre du poids de façon rapide s’avère être très encourageant, l’amaigrissement se fait toutefois sans réelle prise de conscience des habitudes alimentaires antérieures et des émotions qui y sont rattachées.

Vous n’apprenez à aucun moment à vous composer des repas équilibrés. Le taux de réussite à long terme n’est alors pas très élevé dans ces circonstances puisque vous reprenez immédiatement vos anciens réflexes dès la fin du régime. Et puis sans compréhension des changements des habitudes, vous n’arrivez pas à vous en débarrasser réellement ; il n’est alors pas rare de finir par abandonner la diète à court terme.

L’absence de la notion de plaisir de manger

Avec cette méthode, le choix d’aliments est extrêmement limité. Même le choix des légumes est très restreint, sans que l’on en comprenne la raison. En dehors des artichauts, des carottes et des choux que l’on trouve toute l’année, on est obligé de consommer des surgelés ou des conserves lorsque ce n’est pas la saison des autres légumes.

En conséquence d’une alimentation peu variée, vous perdez complètement l’envie de manger. Sur le plan gustatif, il n’y a absolument rien de satisfaisant à consommer des protéines en poudre et des comprimés. De ce fait, le régime PSMF devient difficile à suivre dans la durée, d’autant plus qu’il n’est pas question d’aller manger au restaurant ou à l’extérieur de chez soi pendant la phase active.

Dans ce contexte, il semblerait bien plus raisonnable de limiter votre alimentation, de ne pas grignoter, de manger un carré ou deux de chocolat pour retrouver le plaisir, de préférence du chocolat noir du fait de la haute teneur en cacao qui contient des polyphénols, soit des antioxydants naturels, et de temps à autre boire un verre de vin, plutôt rouge si possible puisqu’il contient plus de polyphénols. Et le tout, combiné à de l’exercice physique, vous devriez maintenir votre poids de forme sans trop de difficultés.

Un régime coûteux

Le régime Protein Sparing Modified Fast ne saurait être totalement efficace si vous ne recourez pas aux sachets de protéines et aux repas déshydratés. Or, ce type d’aliment représente un certain budget, environ 10 euros par jour pour les sachets de protéines, ajoutés aux aliments hyper protéinés et aux compléments alimentaires recommandés.

En outre, ils ne sont pas vendus en épicerie, vous n’avez pas d’autre choix que de les commander par correspondance à la clinique d’amaigrissement du docteur Jean-Marie Marineau au Canada et d’acheter les compléments alimentaires de sels minéraux, de vitamines, de fibres et d’acides gras essentiels en pharmacie.

Une étape de transition draconienne

Totalement incompatible avec toute vie sociale, l’étape de transition demande beaucoup de rigueur et de motivation. Il s’avère être effectivement très difficile de se passer totalement de glucides. Les compulsions alimentaires peuvent survenir à la suite de la longue période de privation très restrictive qui précède cette deuxième phase du régime PSMF. Du fait de sa faiblesse calorique, les coups de pompe sont inévitables, surtout lorsqu’on fait du sport.

L’apparition de l’effet yoyo

Les kilos perdus reviennent rapidement après l’arrêt de la diète amaigrissante. En effet, il n’inculque pas de saines habitudes de vie et il s’avère être si privatif qu’il fait quasiment inévitablement le lit du tant redouté phénomène yoyo et de l’obésité, bien que la réalimentation normale se fasse très progressivement.

Des effets secondaires possibles

  • Le régime PSMF cause généralement une mauvaise haleine, qui découle de la présence de corps cétoniques. Elle peut néanmoins être enrayée par des comprimés Exova prescrits sur ordonnance ;
  • La diète protéinée peut également provoquer de la diarrhée. Ce désagrément signifie que les intestins manquent de fibres. Il faut, dans ce cas, ajuster la quantité d’eau et de fibres. A l’inverse, une constipation devra vous alerter et vous pousser à augmenter votre consommation de fibres ;
  • Il est également possible de souffrir d’une hypotension orthostatique. Cette chute de la pression artérielle s’explique par une diminution du volume intravasculaire, c’est-à-dire le volume de sang qui circule dans les veines, provoquée par un manque de sodium. Dans ce cas, le médecin ajuste l’apport en sodium ;
  • Le changement brutal des habitudes alimentaires peuvent provoquer une perte de cheveux. Mais elle demeure très rare et réversible. Le médecin peut alors ajuster l’apport en zinc ;
  • Vous pouvez souffrir de crampes nocturnes et de faiblesse musculaire, favorisées par un apport en sels minéraux et en fibres insuffisant, ou encore une insuffisance d’hydratation. Le médecin peut alors réadapter l’apport en potassium ;
  • Des maux de tête peuvent survenir chez 10 % des patients durant les premiers jours de la diète, mais disparaissent ensuite. Ces céphalées surviennent à cause de la fatigue créée par la modification de l’alimentation. Les antalgiques suffisent généralement à faire disparaître la douleur ;
  • Des perturbations menstruelles peuvent apparaître au début du jeûne protéiné en raison des liens qui existent entre les œstrogènes et les tissus graisseux ;
  • Des allergies aux protéines de lait ou d’œuf obligeront les personnes sensibles à ces protéines de limiter davantage leur alimentation ;
  • Enfin, le régime PSMF peut induire la formation de calculs biliaires. En effet, la perte de poids rapide oblige le foie à sécréter une quantité accrue de cholestérol dans la bile. A cela s’ajoute le jeûne qui inhibe la capacité de la vésicule biliaire à se contracter, ce qui accroît la concentration du cholestérol dans la bile. Le docteur Jean-Marie Marineau avance que ce problème peut toucher de 5,8 % à 8 % de personnes.

La toxicité rénale du régime hyper protidique

L’excrétion d’urée constitue un véritable travail pour le rein, et une nutrition hyper protidique prolongée, créant un excès prolongé du travail rénal, peut déclencher en réaction une augmentation du volume des reins. Une alimentation trop riche en protéines peut provoquer à la longue une sclérose rénale progressive et la goutte.

Certains scientifiques avancent d’ailleurs que la suralimentation protidique de nos pays occidentaux est sans doute la raison pour laquelle les reins des personnes âgées fonctionnent moins bien que ceux des plus jeunes. De plus, une sous-alimentation protidique raisonnable semble augmenter l’espérance de vie de l’être humain.

Une diète nocive sur le plan cardiovasculaire

Le régime PSMF élève considérablement le taux de cholestérol et de triglycérides, mais aussi de la tension artérielle. Le risque d’accidents cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux s’en trouve donc accru. Prenez donc bien soin de rendre souvent visite à votre médecin pour maigrir en toute sécurité et surveiller votre cholestérol avec des bilans sanguins réguliers.

Une reprise des kilos souvent constatée

Les reprises de poids constatées à la 52e semaine représentent en moyenne plus de 50 % de la perte initiale, ce regain se faisant à 81,8 % sous forme de masse grasse et à 17,7 % sous forme d’eau corporelle totale.

Ce qui signifie que si on perd environ 45 kilos avec le jeûne protéiné, il y a seulement entre 27 kilos et 34 kilos qui proviendront de la masse grasse. Si on reprend le poids perdu, 37 kilos environ seront de la graisse. Donc on retrouve le même poids mais avec un pourcentage de gras plus élevé et un pourcentage de muscle plus bas, d’où un métabolisme abaissé.   Comme c’est le cas pour tous les régimes faibles en calories, le régime PSMF diminue le métabolisme de base, autrement dit l’énergie dépensée par l’organisme au repos.

Par conséquent, la reprise de poids est presque automatique à la fin du jeûne, à moins de suivre rigoureusement toutes les étapes de la réalimentation. Dans le cas contraire, il est fort probable que le programme amaigrissant aggrave vos problèmes de surpoids.

L’absence de la prise en compte des besoins réels de l’organisme

Comme c’est le cas pour la plupart des diètes qui comportent de fortes privations, il est fréquent que le suivi d’un jeûne protéiné conduise à une entrée dans le système de la restriction cognitive ou à son renforcement, avec le problème de poids yoyo, de troubles du comportement alimentaire, de perte de l’estime de soi et de dépression.

La restriction cognitive consiste à avaler des aliments sans tenir compte des signaux de faim et de satiété que nous fournit l’organisme. Nous consommons ce que nous dicte de manger le programme d’amaigrissement. Pourtant, être à l’écoute de votre corps est indispensable pour gérer les apports alimentaires sur le long terme, et ainsi stabiliser définitivement votre poids de forme. Aussi, le régime PSMF fonctionne à l’envers de bien des programmes amaigrissants. La modification des comportements alimentaires vient en effet après la perte de poids, au lieu de la précéder et de la provoquer.

De multiples contre-indications

Bien qu’elle se fasse obligatoirement sous supervision médicale, cette méthode radicale d’amaigrissement n’est pas à recommander dans ces situations précises :

  • Toutes les affections augmentant le catabolisme protéique ;
  • Toute cardiopathie évolutive ;
  • Les maladies cérébro-vasculaires ;
  • Le diabète insulinodépendant de type 1 ;
  • L’insuffisance rénale chronique et l’insuffisance hépatique grave ;
  • Les troubles psychiatriques ;
  • Un infarctus récent du myocarde ;
  • La grossesse et l’allaitement ;
  • L’âge : enfance et adolescence ainsi que l’âge supérieur à 60-65 ans ;
  • Un pronostic vital réservé à moyen terme.

Vous prendrez de strictes précautions en cas de :

  • Présence de lithiases vésiculaires ou de cholécystite ;
  • Prises médicamenteuses pour le traitement de maladies chroniques ;
  • Antécédents de goutte ;
  • Opération chirurgicale majeure.
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